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FILE PHOTO: Chair of the General Election Campaign and former leader of the Liberal Democrats, Paddy Ashdown, speaks at the party's spring conference in Brighton, southern England March 9, 2013. REUTERS/Luke MacGregor/File Photo

Cet ancien militaire de carrière britannique, ex-leader du Parti libéral-démocrate, avait occupé le poste de 2002 à 2006. Il est décédé à l’âge de 77 ans.

Le Britannique Paddy Ashdown, ex-militaire de carrière qui a dirigé le parti libéral-démocrate avant d’occuper le poste de haut représentant en Bosnie de 2002 à 2006, est décédé à 77 ans, a annoncé son parti samedi 22 décembre. Il a apporté une « énorme contribution pour faire avancer la cause du libéralisme » et il nous « manquera beaucoup », a estimé dans un communiqué le Parti libéral-démocrate, qu’il avait dirigé de 1988 à 1999. Paddy Ashdown avait annoncé en novembre qu’il était atteint d’un cancer. L’ancien premier ministre conservateur John Major (1990-1997) a salué « un homme de devoir, de passion et de dévotion pour le pays qu’il aimait ». « Au gouvernement, Paddy Ashdown était mon adversaire. Dans la vie, il était un ami très apprécié. » Entre mai 2002 et janvier 2006, Paddy Ashdown avait « dirigé » la Bosnie-Herzégovine d’une main de fer, n’hésitant pas à faire usage des pouvoirs discrétionnaires conférés par l’accord de Dayton, qui, en novembre 1995, avait mis un terme à trois ans de guerre interethnique

Intègre et autoritaire

Son autoritarisme lui a valu d’être accusé d’avoir créé un« protectorat déguisé ». Mais il a arraché des réformes-clés : la mise sous un commandement central des armées des deux entités, la Republika Srpska (Serbes) et la Fédération croato-musulmane, un accord sur l’unification des forces de police et l’instauration d’un système douanier commun. Le 30 juin 2004, Paddy Ashdown a pris la plus spectaculaire décision de son mandat, en limogeant soixante responsables serbes de Bosnie accusés de soutenir des inculpés en fuite du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Réputé en Grande-Bretagne pour sa probité, peu enclin aux compromissions, il a congédié sur le champ les dirigeants de Bosnie inculpés pour corruption. Né à New Delhi, Jeremy Ashdown passe toute sa jeunesse en Irlande du Nord, ce qui lui vaudra d’être appelé « Paddy », le surnom donné aux Irlandais par les Britanniques. A 18 ans, il s’engage dans les Royal Marines où il sert pendant douze ans de Belfast à Aden, de Bornéo à Hong Kong, apprenant le mandarin.

De la diplomatie à la politique

Lorsqu’il quitte l’armée en 1971, ce fils de colonel, aux traits rugueux et au franc-parler, rejoint le ministère des affaires étrangères qui l’envoie en poste à Genève, à la représentation britannique auprès des Nations unies. Cinq ans plus tard, il rentre au pays pour se lancer en politique. Elu député en 1983, il prend la tête cinq ans plus tard du parti libéral-démocrate, né des cendres des sociaux-démocrates et des libéraux, deux petits mouvements qui « ne s’entendaient sur rien, pas même sur le nom à prendre ». Ne redoutant pas d’afficher ses penchants proeuropéens – alors une hérésie au Royaume-Uni – il connaît une ascension politique fulgurante, faisant de ce groupuscule la troisième force politique du pays, avant d’en quitter la direction en 1999. Après son départ de Bosnie, Lord Ashdown, marié et père de deux enfants, s’était retiré dans le sud-ouest de l’Angleterre, se consacrant à son « rôle de grand-père et au jardinage ».

Source Le Monde acec Afp

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