PARTAGER
FILE - In this Sunday, Nov. 6, 2011 file photo, Zimbabwean music superstar and U.N. goodwill ambassador Oliver Mtukudzi, center, performs at a music festival held in Karen on the outskirts of Nairobi, Kenya. Zimbabwean musician and world music star Oliver Mtukudzi dies in Harare at age 66, it was announced Wednesday, Jan. 23, 2019. (AP Photo/Ben Curtis, file)

L’artiste zimbabwéen, auteur d’une soixantaine d’albums, était mentor pour de nombreux jeunes musiciens de son pays.

La légende zimbabwéenne de l’afro-jazz Oliver « Tuku » Mtukudzi, est mort à l’âge de 66 ans, a annoncé son agent mercredi 23 janvier. Selon le journal public zimbabwéen Herald, Mtukudzi a « succombé à [sa] longue bataille contre le diabète » à l’hôpital de la capitale, Harare.

Albert Nyathi, musicien et poète zimbabwéen chevronné qui a joué avec Mtukudzi, était avec plusieurs autres personnes en deuil à l’hôpital où la star était soignée. « C’est difficile à accepter, je n’ai pas de mots, dit Nyathi. Ce qui reste, c’est de célébrer sa vie. »

Attitude « apolitique »

Paul Mangwana, haut responsable du parti au pouvoir au Zimbabwe, la ZANU-PF, a félicité Mtukudzi pour son attitude « apolitique », affirmant qu’il soutenait les appels à enterrer le chanteur à l’acre des héros nationaux, un temple réservé aux élites des partis au pouvoir. « C’était un bâtisseur de nation. Là où il était nécessaire de critiquer, il le ferait, et là où il était nécessaire de faire des éloges, il le ferait », a dit M. Mangwana à l’hôpital.

Tuku, comme on le surnommait au Zimbabwe, évitait la controverse politique. Sa chanson Bvuma (2001), qui en langue shona signifie « accepte d’être vieux », a cependant été interprétée comme un message à Robert Mugabe, à la tête du pays depuis 1980, pour qu’il prenne sa retraite.

« Nous avons perdu une icône (…). J’écris au président pour qu’il en fasse un héros national pour sa contribution à l’industrie de la musique, des arts et de la culture », a écrit sur Twitter Temba Mliswa, député de la circonscription où le musicien avait ouvert une école de musique. Dans un pays où les tensions politiques sont fortes et où la loyauté envers son parti est importante, Mtukudzi a traversé les clivages en chantant lors des événements du parti au pouvoir, mais aussi lors du mariage et des funérailles de Morgan Tsvangirai, ancien leader de l’opposition.

Hymne du Zimbabwe indépendant

L’un des plus grands succès de Mtukudzi a été Neria, une chanson triste sur les tribulations d’une femme qui a été jetée dans la pauvreté lorsque son mari est mort parce que le droit coutumier ne lui permettait pas d’hériter de ses biens. C’était la chanson titre d’un film du même nom. En 1980, Mtukudzi a célébré l’indépendance du Zimbabwe en chantant le nouvel hymne national du pays, Ishe Komborera Africa (« Dieu bénisse l’Afrique ») avec une touche reggae.

Il était également connu pour son rôle de mentor auprès de jeunes musiciens zimbabwéens. « Il était comme une figure paternelle », raconte MacDonald Chidavaenzi, auteur-compositeur et producteur, qui se dit parrainé par le chanteur. Mtukudzi a écrit des chansons dans un style fait d’un mélange de rythmes zimbabwéens et sud-africains voisins, qui est devenu connu sous le nom de « Tuku music ». L’artiste, auteur d’une soixantaine d’albums, figurait dans le top 10 des musiciens africains les plus « rentables », selon un classement du magazine américain Forbes réalisé en 2017.

Source : Le Monde avec AFP et AP

Laisser un commentaire