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Le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèse sur le Notre Père, mercredi 15 mai, lors de l’audience générale tenue place Saint-Pierre. Il s’est arrêté sur la présence du Mal et du diable dans nos vies, et sur les moyens d’y remédier.

«Notre Père, délivre-nous du mal et ne nous laisse pas entrer en tentation». Ce verset, fil directeur de l’audience générale a été développé par le Pape François ce mercredi.

Le diable est en nous comme un lion furieux

«Avec cette expression, celui qui prie ne demande pas seulement de ne pas être abandonné à la tentation mais supplie aussi d’être libéré du mal», a soutenu le Saint-Père, assimilant ces paroles à celles de Saint-Pierre, qui nous dit que «le Malin, le diable, est en nous, comme un lion furieux, pour nous dévorer», et que pour cela, nous demandons à Dieu de nous en libérer.

Cette double supplique: «Ne nous abandonne pas» et «Libère nous», fait donc émerger un trait essentiel de la prière chrétienne, qui est une prière «filiale», et non «infantile», d’après le Pape François.

«S’il n’y avait pas les derniers vers du ‘’Notre Père’’, comment les pécheurs, les persécutés, les désespérés, les mourants pourraient-ils prier?» Cette dernière supplique est celle de nos limites, a garanti François.

Ce mal qui pénètre en silence

Et en effet, il y a ce mal, indiscutable, dans nos vies. Les livres d’histoire, par exemple, s’apparentent à un catalogue désolant de combien notre existence dans ce monde a été une aventure souvent ratée…, fait remarquer ainsi l’évêque de Rome.  

Il existe donc ce mal mystérieux, qui n’est résolument pas l’œuvre de Dieu, mais qui pénètre en silence dans les replis de l’histoire. «Silencieux comme le serpent qui porte son venin silencieusement». Parfois, ce mal semble prendre le dessus: certains jours, sa présence semble plus nette que celle de la miséricorde de Dieu, a poursuivi le Pape, avant de détailler.

Pleine contradiction avec le mystère de Dieu

«La personne qui prie n’est pas aveugle et voit ce mal si encombrant et si en contradiction avec le mystère de Dieu lui-même devant ses yeux: Elle le voit dans la nature, dans l’histoire, même dans son propre cœur. Parce qu’il n’y a personne parmi nous qui peut dire qu’il est exempt du mal ou du moins tenté par lui».

Et le Souverain pontife argentin d’énumérer: «Nous savons tous donc ce qu’est le mal. Nous savons tous ce qu’est la tentation; nous avons tous expérimenté la tentation de tout péché sur notre propre chair. Mais le tentateur qui nous enjoint à faire ceci, penser ceci, nous conduit au mal.»

Le récit de la Passion

Le dernier cri de la prière du «Notre Père» est lancé contre ce mal «à larges bords», qui renferme les expériences les plus diverses: le deuil de l’homme, la douleur innocente, l’esclavage, l’exploitation de l’autre, la détresse d’enfants innocents. Tous ces événements protestent dans le cœur de l’homme, soutient François, l’assimilant au récit de la Passion.

Jésus, lui, expérimente pleinement le mal perçant. «Pas seulement la mort, mais la mort sur la croix. Non seulement la solitude, mais aussi le mépris, l’humiliation. Non seulement la méchanceté, mais aussi la cruauté, la cruauté à son égard: tel est l’homme: être fait pour la vie, pour rêver d’aimer et de faire du bien, mais s’exposer ensuite, lui et ses semblables, continuellement au mal, au point que nous pouvons être tentés de désespérer de l’homme», a relevé François.

Une symphonie réalisatrice

Le «Notre Père», relève le Pape, ressemble donc «à une symphonie qui demande à chacun de se réaliser». Le chrétien sait à quel point le pouvoir du mal est accablant et, en même temps, il fait l’expérience de combien Jésus, qui n’a jamais succombé à sa flatterie, est à nos côtés et vient à notre aide.

Ainsi, la prière de Jésus nous laisse le plus précieux des héritages, a estimé le Successeur de Pierre: la présence du Fils de Dieu qui nous a affranchis du mal, luttant pour le convertir. À l’heure de la bataille finale, Pierre propose de remettre l’épée dans son fourreau. Au voleur repentant, il assure le paradis, à tous les hommes qui l’entourent, inconscients de la tragédie qui se déroule, il leur offrent un mot de paix: «Père, pardonne leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font» (Lc 23, 34).

La vraie paix vient du pardon

Et le Pape d’en conclure que du pardon de Jésus sur la croix vient la paix, «la vraie paix vient de là»: le don du Ressuscité est la paix, un don que Jésus nous offre. Le Seigneur nous donne la paix, nous donne le pardon mais nous devons lui demander de « nous délivrer du mal », pour ne pas tomber dans le mal. «C’est notre espoir, la force que Jésus nous donne».

Source : vaticannews.va

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