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En Irak, la révolte de la population se poursuit pour réclamer un changement de régime. La jeunesse notamment est mobilisée depuis un mois. Le Premier ministre a fait des annonces, hier, mardi 5 novembre, à la télévision, mais pas de quoi calmer la rue.

Avec notre envoyé spécial à Bagdad,Sami Boukhelifa

Adel Abdel-Mehdi l’a reconnu encore une fois en direct à la télévision irakienne : les revendications populaires sont légitimes. Mais encore une fois, il ne propose aucune solution concrète. Il faut dire que le Premier ministre irakien n’a pas vraiment de marge de manœuvre. Face à lui, il y a les deux hommes forts de la scène politique : le populiste Moqtada al-Sadr et le chef du Hashd al-Shaabi, les milices populaires soutenues par l’Iran.

Cent députés

À eux deux, ils sont à la tête d’une centaine de députés à l’Assemblée nationale irakienne et réclament la chute du gouvernement pour apaiser les contestataires espérant sortir indemnes de cette tempête qui ne les épargne pas non plus.

Mais Adel Abdel-Mehdi campe sur ses positions : pas question de démissionner ; la vacance du pouvoir ne ferait qu’aggraver la crise, clame pour la énième fois le Premier ministre, ici à Bagdad. Lui, opte pour une solution plus douce : « Que le Parlement me désigne un remplaçant et je remettrai les clés du pouvoir. La transition se fera en douceur. »

La contestation ne fait que prendre de l’ampleur

En attendant, la contestation ne fait que prendre de l’ampleur. Il y a des appels à la grève générale et les accès au centre de Bagdad sont compliqués. Au cœur de Bagdad, la place Tahrir est aux mains des manifestants. Cagoule sur la tête, ils filtrent les accès vers ce lieu emblématique de la contestation. Deux faits notables : internet est entièrement coupé et il y a aussi le déploiement d’un corps d’élite, l’Isof, les forces antiterroristes (officiellement dénommées Iraqi special operations forces) reconnaissables à leurs véhicules blindés entièrement peints en noir. Autrefois en première ligne contre le groupe État islamique, ils tiennent aujourd’hui certains grands axes de Bagdad.

Mais à part ça, les commerces sont ouverts, les gens sont dans la rue. Dans certains quartiers, l’ambiance est même festive. En tout cas, la vie continue malgré les violences de ces dernières semaines.

Source : Seneweb

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