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Les étudiants étrangers s’inscrivent de moins en moins dans les universités américaines. Le phénomène a commencé il y a trois ans, il persiste. Pourquoi ce désamour, et quelles en sont les conséquences économiques ?

Le nombre d’étudiants étrangers recule pour la troisième année consécutive sur le sol américain. C’est une première, et qui inquiète sérieusement les universités parce qu’elles ont besoin de ce public bon payeur pour boucler leur budget et ainsi assurer la qualité et le rayonnement de leur enseignement. Avec la crise financière de 2008, les subventions publiques se sont évaporées et les universités ont alors compensé ce manque à gagner en accueillant toujours plus d’étudiants étrangers. La proportion est passée en dix ans de 3-4% à 15-20%.

Est-ce Donald Trump qui repousse ces précieux étudiants ?

Le phénomène a commencé en 2016, avant son élection, il ne peut donc pas en être tenu pour entièrement responsable. Mais il y a évidemment fortement contribué, avec son discours anti-migrants, avec les restrictions sur les visas accordés aux étudiants et les restrictions aussi sur leurs conditions de vie. Et aussi avec la guerre commerciale qu’il a déclarée à la Chine. Car ce pays rival est devenu le premier pourvoyeur d’étudiants des facs américaines. Sur le million d’étudiants étrangers présents outre-Atlantique, environ 300 000 sont Chinois. Or depuis le mois de juin Pékin met en garde ses ressortissants contre les dangers qu’ils encourent en s’inscrivant aux États-Unis. Certaines universités ont dans l’urgence souscrit une assurance pour se protéger contre ce nouveau risque de désaffection.

Où étudient ceux qui se détournent des États-Unis ?

Les Chinois, mais aussi les Indiens les Saoudiens et les Vietnamiens, c’est-à-dire ceux qui ont le plus contribué à gonfler les effectifs étrangers sur le sol américain sur la période récente, restent peut-être davantage dans leur pays pour se former. Beaucoup préfèrent l’Australie et le Canada, deux pays qui ont vu les inscriptions d’étrangers décoller depuis trois ans. Parce qu’ils sont plus ouverts, qu’ils offrent une possibilité de s’installer, c’est le cas du Canada, mais aussi parce qu’ils sont beaucoup moins chers. Les universités américaines trop heureuses d’avoir trouvé une vache à lait n’ont cessé d’augmenter les droits d’entrée, trop sans doute. L’année coûte en moyenne 36 000 dollars dans une fac privée américaine, c’est deux fois moins cher en Australie, quatre fois moins au Canada.

Cette désaffection des étudiants étrangers est-elle un symptôme du déclin américain ?

Si on regarde le marché des étudiants en premier cycle, il y a bien une chute inquiétante sur le plan surtout économique, en revanche les doctorants attirés eux par la qualité de la recherche sont toujours aussi nombreux. Il y a donc deux marchés de l’enseignement supérieur, l’un marche très fort et il contribue toujours à muscler la capacité d’innovation du pays et un marché primaire qui lui est en crise. Le manque à gagner est estimé à 11 milliards de dollars sur ces années de recul, 65 000 emplois ont été supprimés. L’association américaine des enseignants internationaux rappelle que cette industrie florissante, elle pesait près de 40 milliards de dollars en 2016, un demi-million d’emploi, est encore l’une des rares activités tertiaires très favorable à la balance commerciale américaine. Au lieu d’exporter du charbon ou du soja, les Américains se font payer pour attirer les meilleurs cerveaux. Les faire fuir, c’est pénaliser le commerce extérieur américain, pas vraiment ce que recherche Donald Trump.

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Source : RFI

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