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Hier mercredi s’est tenue une conférence de presse de présentation de l’Exhortation post-synodale du Pape François « Querida Amazonia ».

Debora Donnini – Cité du Vatican

«Nous rêvons pour et avec l’Amazonie». C’est la route que, pour Sœur Augusta de Oliveira, Vicaire générale des Servantes de Marie Réparatrice, le Pape indique avec Querida Amazonia. Avec des paroles riches d’amour et de gratitude, les religieux, dont la Congrégation est présente depuis 100 ans dans la Région amazonienne, reprennent l’exhortation du Pape à s’engager pour les droits des plus pauvres, des indigènes, des afro-américains, des femmes, des personnes qui travaillent dans les campagnes et dans les villes…

Le rôle des laïcs est important, il faut un courage missionnaire et prophétique, comme le rappelle l’expérience du Repam, du Réseau Ecclésial Panamazzonien. Les paroles du Pape sur la présence de femmes «fortes et généreuses» qui ont maintenu l’Eglise debout dans ces lieux ont résonné avec émotion dans le cœur de cette religieuse. Ces femmes d’Amazonie ont transmis la foi alors que, même pendant des décennies, «aucun prêtre n’est passé par ces régions».

Le martyre de sœur Dorothy Stang

Sœur Augusta assure que les femmes continueront leur engagement pour la défense de la vie menacée en Amazonie, car la présence des femmes se rencontre dans les frontières les plus éloignées. La religieuse rappelle les nombreuses vies données par les missionnaires sur le sol amazonien, prêtres, consacrés et laïcs. Lors de la conférence de presse de présentation de l’Exhortation post-synodale, le témoignage de Sœur Dorothy Stang, tuée par des criminels il y a exactement 15 ans à Anapu, au Brésil, est revenu à plusieurs reprises, précisément en raison de son engagement contre la déforestation. Toujours aux côtés des paysans et des ouvriers, elle est morte avec seulement la Bible dans ses mains.

Les «rêves» du Pape François

Le père Adelson Araújo dos Santos, professeur de spiritualité à l’Université pontificale grégorienne, qui a participé en tant qu’expert au Synode, s’est attardé sur les rêves du Pape François dans ce texte. C’est la poésie qui le frappe ainsi que l’amour du Pape, celui de prendre soin de nos frères et de l’environnement, car – souligne-t-il – ceux qui aiment, prennent soin. Le mot “rêve » suit la tradition biblique, il suffit de penser au rêve de saint Joseph, époux de Marie, lorsque Dieu révèle ses plans. Non seulement le Pape François, mais aussi Benoît XVI ont utilisé la même ressource linguistique, enseignant aux jeunes qu’aucun rêve n’est inaccessible quand l’Esprit de Dieu le suscite. Ainsi, dans chacun des quatre rêves partagés par le Pape dans Querida Amazonia, on peut reconnaître cet appel à la conversion formulé par les pères synodaux dans le Document final.

Un long parcours synodal

Retraçant toute la genèse de l’Assemblée synodale, depuis l’annonce du Pape à l’Angélus le 15 octobre 2017, le cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode, a rappelé, entre autres, la large consultation du peuple de Dieu en Amazonie, dans la phase préparatoire, puis la riche participation au Synode avec la présence significative, entre autres, de 25 experts et de 16 représentants des peuples indigènes. Ce processus a abouti au Document final, modifié dans les cercles mineurs, puis voté à la majorité des deux tiers. Un texte finalement remis au Pape et rendu public par sa volonté.

En réponse à une question sur la communion épiscopale concernant le Synode des évêques, le cardinal Baldisseri a précisé que le document final du Synode pour l’Amazonie n’a pas l’approbation expresse du Pape, qui demande toutefois instamment qu’il soit lu. Par conséquent, comme il n’y a pas de mot d’approbation clair, ce document a «une certaine autorité morale» mais n’est pas un magistère ordinaire.

C’est ce qu’a également souligné le directeur du Bureau de presse du Vatican, Matteo Bruni, en rappelant que ce document doit être lu à la lumière de l’Exhortation Querida Amazonia, un texte qui, lui, fait partie du Magistère ordinaire du Successeur de Pierre – et donc pour son application. L’Exhortation porte la signature de Saint Jean de Latran, ce qui arrive, a-t-il précisé, lorsqu’on reconnaît une connotation particulièrement pastorale.

Un modèle écologique et respectueux de la vie

Le discours du professeur Carlos Nobre, scientifique et prix Nobel 2007 au titre du Giec, qui s’occupe depuis des années des questions écologiques, était également important. Il s’est félicité de cette exhortation car elle fait référence à un modèle de développement dans lequel personne n’est laissé pour compte. Il appelle donc à l’intégration de l’ancienne sagesse indigène aux nouvelles technologies afin de trouver une troisième voie qui n’est ni celle de la conservation pure ni celle du développement à haute intensité, mais qui conduit à la culture de l’Amazonie sans détruire ce cœur de la planète.

Mgr David Martínez de Aguirre Guinea, secrétaire spécial du synode des évêques pour la région panamazzonique et évêque du vicariat de Puerto Maldonado, l’histoire du Synode a commencé avec la visite du Pape en 2018, s’est également exprimé par liaison vidéo. Le prélat a souligné que le Pape encourageait fortement la recherche de nouvelles façons de rencontrer le Christ, avec le défi d’être proche des plus vulnérables. Une exhortation, donc, qui est comme un poème d’amour pleurant devant les crimes mais s’émerveillant de la beauté de cette terre.

Le cardinal Michael Czerny, Secrétaire spécial du Synode, a également souligné que l’Amazonie a frappé le Pape pour sa beauté et, en même temps, pour sa souffrance, et que l’Exhortation, «qui commence comme une lettre d’amour, nous rappelle que seul ce qui est aimé peut être sauvé».

Source : Radio Vatican

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