Aleteia : Sommes-nous vraiment faits pour être monogames ?

  • 3 Années depuis
  • 0

Alors que la lecture ou la pratique d’un sport ne sont pas innées mais de l’ordre de l’apprentissage, en est-il de même pour la monogamie chez l’être humain ?

On entend parfois que les êtres humains n’ont jamais été faits pour être monogames. Le raisonnement est plus ou moins le suivant : même si la monogamie sexuelle et conjugale est ce qu’il y a de mieux pour les enfants et la famille, la monogamie sexuelle n’est pas naturelle. Les êtres humains n’auraient ainsi pas été créés pour « être en couple toute la vie ».

Ces propos ont souvent le don d’énerver les croyants ou les personnes ayant une relation de couple solide et épanouie. Effectivement, de prime abord, cela peut sembler être la manière la plus facile de se sortir d’une situation difficile… et toutes les relations passent par des moments difficiles ! Mais pourquoi ce sentiment de contradiction apparaît-il alors entre certaines impulsions et ce que nous pensons être le mieux pour notre famille ?

Hommes et animaux : une comparaison peu pertinente

Pour ceux qui ont expérimenté les bienfaits et les joies de la monogamie, il est facile de voir que nous sommes faits pour être monogames. Même ainsi, les arguments contre la monogamie peuvent être quelque peu persuasifs si on compare les hommes aux mâles du royaume animal : toujours à la recherche de femelles saines avec qui engendrer une descendance.

Quant aux femmes, elles ne seraient pas très différentes de leurs homologues du monde animal du point de vue reproductif : les femelles cherchent des mâles forts qui leur offrent un ADN de qualité et un certain soutien matériel. « On peut considérer qu’il serait préférable pour une femme d’être la vingtième épouse d’un homme riche que la seule femme d’un homme pauvre », écrit ainsi David Barash dans le Time. Vu sous cet angle, la « polygamie », du moins biologiquement parlant, paraît satisfaire les besoins à la fois des hommes et des femmes. Or ce n’est pas le cas. Loin s’en faut.

La science au secours de la monogamie

« Naturel et précieux, ce n’est pas la même chose », écrit Belinda Luscombe dans un article en couverture du Time intitulé How to Stay Married (Comment rester mariés). « La lecture n’est pas naturelle. La peinture, le ski ou la programmation non plus. Ce n’est pas pour autant que l’on suggère de ne plus faire ces choses-là. La monogamie offre également un certain gain d’énergie : elle évite aux êtres humains de perdre leur temps et leur énergie à chercher constamment de nouveaux partenaires ou à se remettre des trahisons des partenaires actuels. »

Bien que cet aspect se vérifie indéniablement, il y a autre chose. Une étudemenée par les universités de Rutgers et de New York a montré que « les couples déprécient l’apparence des personnes qu’ils perçoivent comme étant une menace pour leur relation ». Et cela s’avère vrai pour les femmes comme pour les hommes. La monogamie serait donc plus naturelle qu’on ne le pense. Dans le détail, l’étude montre que lorsque les hommes et les femmes heureux en couple regardent des photos de personnes attirantes (du sexe opposé), sachant que ces personnes sont célibataires (c’est-à-dire qu’elles sont une « menace » pour leur relation), ils les trouvent moins belles qu’elles ne le sont réellement. À l’inverse, quand on leur présente des photos de personnes tout aussi attirantes en leur disant qu’elles sont dans une relation sérieuse (et donc ne sont plus une « menace »), les mêmes hommes et femmes trouvent que ces personnes sont plus attirantes qu’elles ne le sont réellement.

  • facebook
  • googleplus
  • twitter
  • linkedin
  • linkedin
  • linkedin

Laisser un commentaire

© 2019 Copyright Radio Espérance FM 95.2

× Comment puis-je vous aider ?
%d blogueurs aiment cette page :