Coup d’Etat en Birmanie : Vague de condamnation dans le monde

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Le coup d’État perpétré lundi en Birmanie par l’armée avec l’arrestation de la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi et d’autres dirigeants a déclenché une pluie de condamnations à travers le monde. Des États-Unis à l’Union Européenne, en passant par les Nations unies, ont tous décrié avec la dernière énergie ce coup de force des militaires.

La France a pour a travers un communiqué du ministre des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian, exigé la libération immédiate et sans condition d’Aung San Suu Kyi. « Cette arrestation, ainsi que le transfert des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires à l’armée constituent une inacceptable remise en cause du processus démocratique engagé depuis une dizaine d’années », a déclaré le chef de la diplomatie française.

Avant d’ajouter : « La France appelle au strict respect des résultats des élections du 8 novembre et se tient résolument aux côtés du peuple birman dans sa volonté de démocratie et de liberté exprimée dans les urnes », dit-il.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a pour sa part appelé l’armée birmane « à libérer tous les responsables du gouvernement, ainsi que les dirigeants de la société civile et à respecter la volonté du peuple de Birmanie, tel qu’exprimé lors des élections démocratiques du 8 novembre ».

Washington, comme d’autres pays occidentaux, avait exhorté l’armée, le 29 janvier, à « adhérer aux normes démocratiques », alors que le chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing avait déclaré que la constitution du pays pouvait être « révoquée » dans certaines circonstances.

Le premier ministre Boris Johnson a dans un tweet condamné le coup d’État, perpétré ce matin par l’armée birmane et appelle lui aussi à la libération des « dirigeants civils arrêtés ». « Je condamne le coup d’État en Birmanie et l’emprisonnement illégal de civils, dont Aung San Suu Kyi », a écrit le dirigeant britannique. « Le vote de la population doit être respecté et les dirigeants civils doivent être libérés ». « L’Assemblée nationale doit se réunir à nouveau pacifiquement », a ajouté dans un tweet le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab.

Comme les autres pays du G20, le gouvernement japonais a appelé lundi les militaires birmans à libérer Aung San Suu Kyi et à rétablir la démocratie dans le pays. « Nous demandons la libération des parties prenantes, y compris la conseillère d’État Aung San Suu Kyi qui a été arrêtée aujourd’hui », a indiqué le ministère japonais des Affaires étrangères dans une déclaration exhortant « l’armée nationale à rétablir rapidement le système politique démocratique » en Birmanie. Le japon est en coopération étroite avec le pays depuis longtemps avec de l’aide et des investissements privés. Des ressortissants birmans vivant dans le pays du soleil se sont d’ailleurs rassemblés à Tokyo contre le putsch.

Grand partenaire commercial du pays, la Chine a également réagit aux événements survenus ce matin. Elle a appelé les autorités birmanes à « régler leurs différends » dans un cadre légal et constitutionnel. « Nous espérons que toutes les parties prenantes en Birmanie vont régler leurs différends dans le cadre de la constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale », a déclaré Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Le vice – premier ministre thaïlandais Prawit Wongsuwan a de son côté déclaré que « ce sont leurs affaires internes », en répondant à des questions des journalistes au sujet du coup d’État. La Thaïlande est également dirigée par un membre de l’armée, le général Prayuth Chan-o-cha.              Le Cambodge et les Philippines ont fait des commentaires similaires.

Le Bangladesh a lui émis un commentaire différent. « En tant que voisin immédiat et amical, nous aimerions voir la paix et la stabilité en Birmanie », assure le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingyas venus de Birmanie. « Nous espérons que le processus démocratique et les dispositions constitutionnelles seront maintenus en Birmanie.

Le gouvernement turc, lui-même cible d’une tentative de putsch en 2016, « condamne fermement la prise de pouvoir par l’armée birmane » et souhaite « la libération immédiate des dirigeants élus, des responsables politiques et des civils arrêtés », selon le ministère des Affaires étrangères. Il espère que ce développement « ne va pas faire empirer la situation des Rohingyas musulmans vivant dans de dures conditions en Birmanie ».

« Les actions militaires compromettent les progrès réalisés jusqu’à présent vers un changement démocratique » en Birmanie, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dans un communiqué. Il a appelé les militaires à libérer immédiatement les membres du gouvernement et du Parlement arrêtés, dont Aung San Suu Kyi.

« Nous appelons l’armée à respecter l’État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants [politiques] issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement », a déclaré la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne.

« Nous suivons très attentivement et nous analysons la situation en Birmanie », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il « est trop tôt pour en donner une évaluation ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné « fermement » dans un communiqué l’arrestation par l’armée d’Aung San Suu Kyi et d’autres dirigeants politiques.

Avec « la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires », « ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie », a-t-il ajouté.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a « fermement » condamné dans un tweet le coup d’Etat et réclamé la libération de « tous ceux qui ont été illégalement détenus ». « Je condamne fermement le coup d’État en Birmanie et appelle les militaires à libérer tous ceux qui ont été illégalement détenus lors de raids à travers le pays. Le résultat des élections doit être respecté et le processus démocratique doit être rétabli », a-t-il écrit.

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