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Après un neuvième week-end de manifestations, la contestation se poursuit à Hong Kong. Une grève générale a paralysé le métro et les lignes aériennes de la mégalopole. Une journée marquée par de nouveaux heurts avec la police. De son côté, la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a accusé les manifestants pro-démocratie de chercher à renverser Hong Kong.

Nouvelles échauffourées, grève générale et blocage du métro ont plongé lundi Hong Kong dans le chaos. Les autorités accusent les manifestants de vouloir « détruire » le territoire semi-autonome et la vie de ses habitants.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés lundi après-midi dans plusieurs quartiers de la mégapole contre des contestataires enhardis par l’impact de la grève générale, un événement rare, dans l’ex-colonie britannique. Après des échauffourées tout le week-end, des protestataires sont descendus lundi matin à l’heure de pointe dans plusieurs stations clés du réseau pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de partir

Hong kong paralysee par la greve

Cette action coup de poing a eu pour effet de paralyser pendant plusieurs heures un réseau d’ordinaire d’une efficacité remarquable. Alors qu’à l’heure de pointe, certaines rames peuvent embarquer toutes les deux minutes plus de 3500 personnes, d’immenses files d’attente se sont  formées dans les couloirs et aux abords des stations.

« Le gouvernement sera ferme »

Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais, s'exprime devant la presse le 5 août 2019.

Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hongkongais, s’exprime devant la presse le 5 août 2019. [Jérôme Favre – Keystone/epa] »Des perturbations aussi intensives (…) ont sérieusement sapé la loi et l’ordre à Hong Kong et poussent la ville au bord d’une situation très dangereuse », a dénoncé la cheffe de l’exécutif pro-Pékin, Carrie Lam. Faisant référence à des slogans révolutionnaires, elle a présenté la contestation comme une atteinte à l’existence même de Hong Kong. « Le gouvernement sera ferme pour maintenir la loi et l’ordre et rétablir la confiance », a-t-elle promis.

De son côté, le gouvernement chinois a annoncé une conférence de presse mardi.

La mégapole, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 par Londres, a déjà vécu deux mois de manifestations de plus en plus souvent suivies d’affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces de l’ordre.

Des manifestants bloquent les routes proches du Conseil législatif et du bâtiment du Gouvernement central à Hong Kong, le 5 août 2019.

Des manifestants bloquent les routes proches du Conseil législatif et du bâtiment du Gouvernement central à Hong Kong, le 5 août 2019. [Keystone]

420 arrestations

Lundi après-midi, sept manifestations simultanées ont eu lieu, constituant un défi pour des forces de l’ordre, qui soumises à rude épreuve depuis deux mois, concentrent l’ire des manifestants. Des gaz lacrymogènes ont encore été utilisés dans au moins quatre endroits différents, notamment près du parlement local.

Les autorités ont annoncé avoir tiré plus d’un millier de grenades lacrymogènes et 160 balles en caoutchouc depuis le début de la contestation le 9 juin. Elles ont précisé que 420 personnes avaient été arrêtées et 139 policiers blessés jusqu’à présent.

Plus de 160 vols ont été en outre annulés à l’aéroport de Hong Kong, l’un des plus actifs au monde. Beaucoup d’entre eux étaient des vols de Cathay Pacific. La compagnie hongkongaise n’a donné aucune justification à ces annulations, mais le syndicat de ses agents de bord a confirmé que certains se ses membres suivaient l’appel à la grève.

Plusieurs artères importantes de la ville ont également été bloquées par des manifestants. De nombreuses enseignes n’ont pas ouvert leurs portes. Le blocage des transports en commun a parfois donné lieu à des algarades entre protestataires et usagers en colère.

Beaucoup de Hongkongais disent soutenir une mobilisation née début juin du rejet d’un projet de loi qui devait permettre d’autoriser les extraditions vers la Chine. Le texte a depuis été suspendu mais le mouvement s’est élargi à des revendications en matière de démocratie et à la dénonciation d’un recul des libertés à Hong Kong.

« Pour le bien du futur de nos enfants, pouvez-vous faire la grève pendant une journée? », dit la pancarte de cette manifestante, dans le métro de Hong Kong, le 5 août 2019. [Miguel Candela – Keystone/epa]Le soulèvement, sans chef réellement identifié, utilise largement les réseaux sociaux pour coordonner ses actions. « Le mouvement continuera de s’étendre tant que le gouvernement n’aura pas répondu », a déclaré un fonctionnaire attendant que les métros reprennent.

Chose rarissime dans ce temple de la finance internationale, où les syndicats n’ont que peu d’influence, la grève générale a pour but de démontrer aux autorités chinoises que, deux mois après le début du mouvement, la contestation reste populaire.

« La grève politique semble très soutenue aujourd’hui, ce qui est aussi la conséquence de l’escalade dans les violences entre la police et les manifestants », a déclaré le politologue Dixon Wong.

Mais Carrie Lam, dont les manifestants réclament la démission, sait qu’elle peut compter sur l’appui de Pékin, l’Armée populaire de libération (APL) ayant même proposé la semaine dernière ses services pour rétablir l’ordre.

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