Sen Politique – Les Sénégalais engagés à parrainer l’opposition

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El hadj Issa Sall et Cheikh Bamba Dièye ne sont pas surpris par la décision du Conseil constitutionnel

Membre du groupe des parlementaires de l’opposition qui avaient cosigné le recours introduit auprès du Conseil constitutionnel afin d’obtenir l’annulation de la Loi n°12/2018 portant modification du code électoral en vue d’y introduire le système de parrainage pour tous, les députés El hadj Issa Sall et Cheikh Bamba Dièye ne sont pas surpris par la décision du Conseil constitutionnel. Interpellés par Sud quotidien sur la posture qu’ils comptent adopter à la suite de cet arbitrage des 7 juges constitutionnels, les deux parlementaires membres du groupe des non-inscrits semblent se tourner vers les Sénégalais qu’ils invitent d’ailleurs à aider les acteurs de l’opposition à disposer du nombre de signatures qu’il faut pour être présent à la prochaine présidentielle.

Pr El Hadj Issa Sall, Coordonnateur du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) :

«Nous avions déjà déclaré, que parrainage ou pas, nous participerons à la prochaine présidentielle»

Le Conseil constitutionnel a fait la jonction du recours que nous avons déposé le 22 juin et la lettre que le président de la République lui avait adressée pour donner une décision. Le président de la République demandait de voir la constitutionnalité de l’article L.O 132 relatif à la convocation du collège électoral et de l’article L.O 138 concernant la composition et le fonctionnement des commissions départementales et nationales. Sur cette lettre du président de la République, le Conseil constitutionnel a dit que c’était ok. Mais pas pour ce qui est de notre recours où nous interpellions le Conseil concernant les nouvelles dispositions de la Loi relative notamment au statut de l’élu et de l’électeur mais aussi sur la forme discriminatoire du parrainage au niveau des cantonnements militaires et des hôpitaux. Et la contradiction qui existe entre la mise en place des commissions de distribution des cartes et le dépôt des candidatures et la sécurité des normes constitutionnelles. Sur ces quatre points, le Conseil constitutionnel a dit qu’il n’y a pas de contradiction entre la mise en place des commissions de distribution des cartes et le dépôt des candidatures d’autant plus que d’ailleurs, il y a un article R50 qui dit que la distribution est permanente. Mais, nous disons ce que représente un règlement par rapport à une loi. Sur la forme discriminatoire du parrainage au niveau des cantonnements militaires et des hôpitaux, le Conseil a également motivé son rejet en estimant que c’est pour éviter un trouble à l’ordre public et observer la dignité des malades.

S’agissant du statut de l’élu et de l’électeur, le Conseil a indiqué que même si la Constitution ne l’a pas dit, on ne peut pas être un élu sans être un électeur. Cependant, je dois avouer si besoin en est, que cette décision du Conseil ne nous surprend pas. Nous sommes simplement déçus. Pour le reste, si je peux parler pour le Parti de l’unité et du rassemblement (Pur), nous avions déjà déclaré, il y a quelques semaines, que parrainage ou pas, nous participerons à la prochaine présidentielle. Cette décision du Conseil constitutionnel est opposable à tout le monde, y compris même les juges du Conseil constitutionnel. Cette généralisation du parrainage pour tous va devenir dans quelques jours une loi puisque le texte va certainement être promulgué et publié donc ceux qui voudront aller aux élections seront obligés de chercher des parrains. Cependant, cela ne veut pas dire que cette loi va être facilement applicable. D’ailleurs, nous maintenons ce que nous avions dit concernant les difficultés relatives à la bonne application de cette loi. Les membres du Conseil constitutionnel ne pourront jamais contrôler les signatures donc appliquer la loi comme, il se doit.

Député Cheikh Bamba Dièye, leader deu Front pour le socilaisme et la démocratie/Benno Jubël (Fsd/Bj) :

«Les Sénégalais doivent aider les acteurs de l’opposition à disposer du nombre requis de parrains»

L’opposition a fait son devoir en déposant ce recours auprès du Conseil constitutionnel mais malheureusement, cette juridiction nous a habitués à l’égaliser l’illégal et à faire la sourde oreille sur les éléments constitutifs d’un Etat de droit et d’une démocratie. Nous avons fait notre devoir, notre obligation. Aujourd’hui, la question de fond, c’est que les Sénégalais, jusqu’à présent ne sont pas conscients des conséquences de cette loi sur le parrainage dans la marche de notre pays. Beaucoup pensent que c’est un débat politicien tout simplement parce qu’ils ignorent que c’est dans la politique que l’on organise le pays mais aussi c’est par la politique qu’on gère le pays. Chaque acte qui est posé dans l’espace de nos lois, en termes d’organisation de notre système politique et électoral, est inscrit durablement sur la gouvernance publique, démocratique, la gestion des ressources et sur la transparence. Je voudrais également rappeler aux Sénégalais que ce qui est train de se faire dans notre pays est inédit, parce que nous avons levé le bras pour conforter Macky Sall dans sa posture de croire qu’il peut tout se permettre, même les choses les plus innommables en matière de recul démocratique. Et tant que cet état de fait existera, il me semble aujourd’hui difficile de voir pointer à l’horizon une quelconque forme d’émergence parce que l’émergence suppose un Etat de droit, des règles pour tous et une transparence à toute épreuve, ce que nous n’avons plus au Sénégal depuis l’avènement de Macky Sall au pouvoir. Le Conseil constitutionnel sénégalais est là pour Macky Sall, ses membres ne font que conforter Macky Sall dans ses décisions, ils ne sont pas là pour le Sénégal encore moins pour l’intérêt de la nation.

Et le pire dans ça, c’est que ces membres du Conseil détruisent notre système politique et nous sommes obligés chaque fin du mois d’assumer leurs salaires et leurs conditions de vie les meilleurs parmi tous ceux qui sont au service de l’Etat. La volonté de Macky Sall, c’est de détruire ce pays en commençant par son système politique et démocratique. Je pense que la classe politique et les citoyens doivent prendre toutes les mesures pour trouver l’ensemble des moyens en leur disposition pour le contrer et faire en sorte que la prochaine présidentielle soit la dernière à laquelle, nous l’aurons comme acteur politique. Si, nous voulons sauver ce pays, il est impératif que tous les Sénégalais puissent aider les acteurs de l’opposition en leur donnant l’entièreté des possibilités pour avoir le parrainage qu’il faut pour être présent à la prochaine présidentielle. Et, ensuite, il faudrait que l’ensemble de la collectivité nationale se détermine une fois pour toutes à bouter Macky Sall et affidés hors du pouvoir parce que c’est ça, la clé de la réussite, de la stabilité par laquelle nous allons construire un Etat de droit.

Par Nando Cabral Gomis

Source ; Sud Quotidien

 

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